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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 22:05

Un lendemain de film, c'est comme un lendemain de cuite.

 

La tête est lourde, les idées floues. Les mots se bousculent dans un cerveau incapable de les ordonner. Ils errent dans des sens différents, à des vitesses différentes. Il faut toute la patience d'un réveil et la volonté d'un café serré pour qu'ils daignent enfin prendre une place digne de ce nom. Peu à peu, ils se mettent en rang. Au bout d'un moment, on pourrait même les qualifier d'idée. Pour un peu qu'une conversation les force à se confronter à un avis différent et argumenté, ils seraient quasimment une prise de recul et une réflexion portant sur le film.

 

Les lendemains de film sont parfois pour moi des lendemains de cuite. Qu'il faut parfois faire passer avec une aspirine à défaut de dialogue argumenté.

 

Des Hommes et des Dieux. Un efferalgan, deux tentatives, une troisième en attente.

 

 

 

 

Je ne suis pas croyante: ça n'est pas une nouveauté. Je ne vais donc pas voir ce genre de film pour une raison religieuse. Ca serait plutôt mon côté chien de Pavlov. Ou comment avoir été conditionnée à aller faire diminuer la moyenne d'âge dans des salles de cinéma. Avec pour secret espoir de comprendre quelque chose et d'avoir l'impression d'accéder à une vérité supplémentaire. Un peu comme si des films primés au festival de Cannes pouvaient m'en apprendre plus sur la vie que Sex and the City.

 

Je m'égare.

Je voulais juste dire que je suis allée le voir.

 

J'ai été assez surprise. Pas tant par le fait que "jamais les hommes ne font le mal si complètement et joyeusement que lorsqu'il le font pour la religion" (Pascal, à peu de chose prêt la citation du film, flemme de googler). Ca, tout le monde le sait. Même s'il était intéressant de le voir formulé en actes et de le retrouver caché derrière des images, ce fait n'est pas nouveau. Pas plus que l'idée que des hommes aient pu s'entretuer pour des idées comme la consubstantiation ou la transubstantiation, ce à quoi m'a fait penser la scène de la messe célébrée par les moines. Léger sourire, idée suivante.

 

Ce qui m'a le plus surpris, ça n'était pas non plus la démarche oecuménique des moines que l'on observe. Ni tous les messages que cette dernière pouvait également dissimuler.

 

Ce qui m'a le plus étonnée, c'est le doute. Sel de l'esprit, certes, mais je ne pensais pas le retrouver là. Je me trompe sûrement, mais pour moi une personne croyante est une personne qui ne doute plus. Elle a trouvé. Là où j'hésite, je pèse et je soupèse, elle avance dans une direction et n'en change pas. Elle a des valeurs qui sont définies et qui ont valeur de loi. Elles sont suffisamment nombreuses pour lui offrir une réponse à chaque question qui pourrait se poser au cours de sa vie. Elle les suit et ne dérive pas. La dérive est propre aux personnes qui doutent.

Or voilà un moine qui doute. Qui pour un instant, devient ce que je suis.Son absence de certitude le rapproche à tel point de moi qu'il ne sait plus où et il ne sait plus pourquoi.

Ce fut pour moi le moment le plus troublant.

 

Pour le reste, on attendra la tentative numéro 3.

 

 

 

No et Moi. Aucun espoir. Direction l'armoire à pharmacie sans passer par la case départ. En même temps les plaisirs en solitaire se terminent comme ils ont commencé.

 

 

 

 

 

J'interprète souvent ce que je ne comprends pas comme étant une aggression. La violence du personnage de No et mon besoin de trouver des solutions et des belles fins ont été à l'origine d'une réaction d'incompatibilité assez frustrante.

 

Là où mes moines hésitaient de façon ponctuelle, mes personnages sont paumé de façon permanente. Ils restent sans direction à suivre avec une constance et un acharnement étonnant. Parfois on se raccroche à une branche. Parfois à être qui passe.

Mais les gens vont et viennent et on est souvent déçu.

Retour à la case départ.

 

A côté de ça: fait de société, échec de sociétés. Au choix.

 

Quand je vous disais que les lendemains de film étaient comme les lendemain de cuite...

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Published by Votre Meringue au pays des Baisers - dans Kino et Cinéma
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commentaires

Hamtarette 28/03/2011 11:18


Et ben! Consusbtantiation et transusbstantiation?
Rien que pour l'écrire me faut un dictionnaire!


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