Samedi 2 février 6 02 /02 /Fév 17:39

 


 

 

J'ai beaucoup hésité quand on m'a proposé d'aller voir Django Unchained au cinéma. Pour finalement ne pas le regretter! Un Tarantino de toute beauté que je ne peux conseiller: pour son scénario, ses rebomdissements, son humour décalé, pour le talent des acteurs: bref pour tout!!


Il m'arrive très rarement d'avoir envie de revoir un film à peine sortie de la salle de cinéma! :-)

Tout personne intéressée peut se signaler au blog qui transmettra ;-)


Par Votre Meringue au pays des Baisers - Publié dans : Kino et Cinéma
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Lundi 30 avril 1 30 /04 /Avr 23:21

 

 

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  Dans mon précédent article, je vous avouais avoir récemment pensé à poster de nouveau sur ce blog. Pourquoi ? Qu’a-t-il bien pu m’arriver de si intéressant pour que j’ai eu envie de le partager avec le monde entier ? (autre qu’une découverte sur un yaourt, j’entends…)

 


J’ai bien réfléchi à la façon dont j’allais annoncer ça. Avec ou sans suspens, avec ou sans violons, avec ou sans vidéos. J’ai même pensé à une mise en scène bollywoodienne où des tas de gens se mettraient à danser et chanter en rythme dans les rues de Bali mais par manque de budget, je dois me contenter d’une phrase plutôt banale :

 

Il s’avère que le 15 avril dernier, j’ai couru le marathon de Paris.

 

 

Ne vous laissez pas manipuler par la simplicité flagrante de cette phrase (qui concurrence tellement le réalisme cru, violent et limite pornographique de « L’autre jour, je mangeais un yaourt » ; je sais, je sais…).

 

Derrière cette phrase se cachent :

-       Environ 6 mois d’entraînement, y compris un footing à 8h du matin un lendemain de réveillon de Noël

-       De looooongs mois horribles sans fêtes et sans alcool

Mais aussi et surtout :

-       Une équipe de Lapins Crétins totalement fans

-       42 km de course dont 7 km de douleur

-       Un bonheur intense dans les 500 derniers mètres

-       Beaucoup beaucoup d’eau, des bananes, des oranges, des gens, beaucoup de gens…

 

Voilà donc pour l’introduction.

 

Je vous avoue que pour le corps du récit, je me suis posé la même question. Peut-être qu’une troupe de danseur bollywoodien en bodys, collants en lycra et baskets de running trois pointures trop grandes aurait pu aider. Malheureusement, toujours pour des raisons de budget évidentes, je vais devoir me contenter de l’écrit. Hésitant toujours dans la façon, je vais essayer…

Tentons l’art poétique pour commencer…

 

« Rentrant de Bruxelles,

N’atteignant pas le chemin de Compostelle,

Claire s’arrêta en la ville de Paris,

Tant mieux lui en pris.

C’était un beau week-end d’avril…. »

 

 

Bon ok : on laisse tomber la poésie ! Peut-être qu’on aura plus de chance avec le théâtre…

 

Mad Cook :  C’est moi !!!

Super Planeuse : Youpiiiii !!!


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Crazy Freestyler : Bon on t’attends où demain alors ?

Mad Cool : On a regardé ça avec Super Planeuse et le mieux c’est place F. Eboué, rue de Charenton, puis le km 35 dans le bois de Boulogne parce que c’est touuut vide et déprimant, puis à l’arrivée.

Super Planeuse : On va prendre le métro entre le km 35 et l’arrivée parce que si on marche, elle sera arrivée avant nous.

Tous : Ah, ah, ah !

 

Bon ok : on laisse aussi tomber le théâtre. On dirait un épisode d’Hélène et les Garçons. Ou toute autre AB Production…

 

Rien de mieux donc que le narratif : ça déchire à tous les coups.

 


Me voilà donc à Paris en ce week-end d’avril plutôt froid. Accueillie par une super amie de Sciences Po qui me nourrit de pâtes complètes à la sauce tomate pendant deux jours et supporte mes inquiétudes, j’attends que ma sœur préférée fasse son apparition pour me réjouir totalement !

Une fois ma dernière fan arrivée, l’équipe des Lapins Crétins est au complet !!! Armées du plan du marathon, des oreilles de lapins pour les unes/ d’une ceinture de course, de gels sucrés et d’eau pour la 3e, nous voilà fin prête à affronter l’épreuve en commun !

 

Le jour J, je me lève pile à l’heure. Ce qui me laisse le temps de m’habiller, boire un café, lire Oups pour déstresser… Rejointe par ma sœur préférée, je ne vois pas le temps passer : Super Planeuse complète le groupe au moment où je prends le départ. C’est parti pour 30 minutes de métro !!

 

 

J’ai de la chance : Super Planeuse habite pile sur la bonne ligne de métro. Il suffit que je le prenne et que je descende sur les Champs pour être sur la ligne de départ.

Quand je monte, les gens me regarde bizarre. Je suis en collants de course, je porte un T-Shirt bleu pétant avec un dossard et j’ai un truc qui ressemble à un sac poubelle mais qui est un sac en plastique qui me tiendra chaud au moment d’attendre le départ.

Je ne m’étais jamais sentie aussi étrangère. Jusqu’à ce que des tas de gens en fringues de sport bizarres commencent à remplir le métro jusqu’à ce qu’il explose. Moi qui pensais avoir une tenue voyante, me voilà concurrencée !! :-D

 

Le métro s’arrête : c’est notre station. Tous les coureurs descendent. Sortir de la bouche du métro, être aux pieds de l’Arc de Triomphe. Tous ces gens, partout. Courir un peu pour s’échauffer. Ok… Prendre le départ. Prévu pour 8h45.

 

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C’est l’attente qui commence. Les départs de font par sas et je suis parmi les derniers. J’attends. J’attends. J’attends. Punaise c’est chiant !!

J’attends aussi la peur ou le stress mais ils m’ont oubliés : je me sens plutôt confiante.

 

Et puis c’est le grand moment : le DEPART. Les hauts parleurs crachent « Aaaaux Champs Elysées » de Jo et je me dis qu’il faudrait que j’apprenne enfin cette chanson.

Go, go, go : je regarde mes pieds qui franchissent la ligne d’arrivée.

Courir doucement, courir doucement : je me suis refroidie, il faut reprendre l’échauffement à zéro ou presque. Je me laisse doubler : on s’en fout, on est là pour finir.

Courir doucement.

 

Les champs : tiens, Lenôtre ! Rue de Rivoli, les Arts Décoratifs, tiens là-bas j’étais allée au Starbucks, et puis le Palais Royal, et puis tiens, je la double. Oh : marrant les Japonais qui s’arrêtent de courir pour prendre des photos ! Oh : des gens qui s’arrêtent déjà ! Tiens, sympa les pompiers du km 5 ! Bon alors : a priori le rendez-vous avec les filles ne devrait plus trop tarder… Ok je reconnais… C’est la bonne place… AH ! Les voilà !

 

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Le premier rendez-vous est un succès : je vois les oreilles de lapin de loin, les Lapins Crétins me voit : le coup de foudre au premier regard !

« Ouééé ! Tu cours super bien ! T’es belle ! »

Deux lapins qui courent à côté de moi, c’est plus que super sympa : ça vous met le baume au cœur. Les cris, les encouragements : tout ça rend mon voisin de course jaloux qui me signale :

« Eh ben ! Vous en avez drôlement de la chance ! Ce sont des super supportrices ! »

Et ouai, je sais : c’est la crème de la crème ! : -)

 

Bon du coup je me reconcentre. Cette partie là, je la connais comme ma poche. Hop, Porte Dorée, hop, St Mandé, hop, Vincennes. Tiens : Vincennes, ce sont les toilettes du coureur. Open Bar : tout le monde s’arrête !

Rester concentrée. Ravitaillement : boire, boire, boire. Premier gel : mieux vaut prévenir que guérir.

Vincennes, c’est grand. C’est pour ça que je m’y perds tout le temps en fait !

Sortie de Vincennes. J’approche la rue de Charenton. Mon MP3 foire. Ah nooon : il ne répond plus ! Houston, on a un problème ! Si je le secoue peut-être ? La méthode russe sinon ? Alleeeez ! Réponds ! Je me vois déjà hurlant désespérée à mes fans : « Mon meupeutrois fonctionne pluuuueuuuu ! ».

Il revit.

Je lève la tête. La boulangerie, la pharmacie, les oreilles de lapin :

« Ouééééé » !!

Je kiffe toujours autant les encouragements, j’emmagasine de l’énergie positive pour les 15 prochaines bornes : le semi est bientôt derrière moi !

 

Cette partie là, je la connais aussi. Jolie petits magasins de créateurs sur la droite. Bastille : bonjour l’Opéra ! Puis gauche, puis les quais. Ah les quais ! Bientôt Notre-Dame ! La voilà ! Quasimodo : j’arriiiiive !!! Tiens, la Conciergerie ! Bonjour Marie-Antoinette ! Une pub pour devenir avocat : ça c’est du recrutement ! Les quais, les quais, les quais, la Seine…

Ravitaillement. Boire, boire, boire.

 

Kilomètre 30.

Jusqu’ici, je n’ai jamais couru plus que 30 bornes en entraînement.

C’est l’Inconnu qui m’attend (avec un grand « I », svp !)

Fais chier : ma jambe gauche est toujours moins musclée que la droite. Ca tire dans la cuisse.

 

31…32…33…34…

Je courre plus lentement ou c’est le temps qui passe moins vite ? Non parce que les km d’avant, je ne les ai pas vu passer. Mais ceux là… Ils sont bien longs ! Pitiéééé ! Faites que la Force soit avec moi !

Et les oreilles de lapin ! Je les ai loupées ou quoi ? Je pensais les voir avant ! Ah nooon : je les ai loupées ! La plus grosse déception de ma vie ! Je vais jamais y arriver !!!

 

Kilomètre 35.

Ok je m’accorde de marcher au ravitaillement. Je m’accorde genre 500 mètres… Ok les bouteilles d’eau… Je marche !

Les oreilles de lapin : LA, LA ! JE SUIS LAAAAEUUUU !!

« Allez ! Allez ! T’arrête pas ! Non, on ne marche pas ! Cours, cours !

-     Tain j’ai mal partout !

-     Mais non t’a pas mal partout ! Allez !! Cours !! T’ES UNE WARRIOR !! ALLEZ : T’ES UNE WARRIOR !!!»

Je cours, Super Planeuse à mes côtés. Ok : c’est reparti. Merci les filles : je vous aime !!!


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Kilomètre 37… Taaaain c’est qui le con qui me donne un coup de couteau dans les cuisses à chaque fois que je pose le pied au sol ? Allez je suis une warrior, je suis une warrior, une warrior, une warrior…. Kilomètre 38…. Bon si je marche maintenant, ça sert à rien : je peux bien tenir jusqu’au km 40. Bon et puis au km 40 je vais pas m’arrêter : il ne reste presque plus rien à courir après. Bon du coup je m’arrête pas…

La négociation entre moi et moi-même me mène au km 39.

 

Kilomètre 40

Donnez moi du suuucreeeuuuuu ! Et de l’ôôôôôô !!

Boire, boire, boire, boire, boire : je veux boire !

Ok : plus que 2 bornes. Deux bornes, c’est du pipi de chat, c’est de la crotte de moineaux, c’est même pas la route pour aller au bureau ! T’es une warrior !!

 

Kilomètre 41

Difficile de décrire le sentiment qui vous submerge quand vous passez la grande porte qui vous annonce : « 41 ».

Comme ça, très sobrement, très distinctement. Vous êtes au km 41. Donc il n’en reste plus qu’un (j’oublie volontairement les derniers mètres).

La joie commence à m’envahir, je me sens pousser des ailes, je cours, cours, cours !

 

Les derniers mètres sont tout simplement incroyables à vivre ! La foule se fait plus dense, les gens applaudissent et crient votre nom, le but est à portée de main !! C’est fatal : je commence à pleurnicher comme une gamine à qui on aurait annoncé qu’elle allait rencontrer Justin Bieber dans sa loge. Je manque de m’étouffer dans mes hoquets nerveux quand, ça y est, je les vois : LES OREILLES DE LAPIN !!!

« Ouuuuaiiii ! Vas-yyyy ! »

Cette fois-là, je me suis dit que le service de sécurité allait leur sauter dessus pour avoir couru à mes côtés. Pas du tout. Les encouragements me font retrouver l’air, je pleurniche toujours comme une ado mais je respire ! La voilà : la ligne d’arrivée ! Tous ces gens ! Ouaaaa !

 

42,195 km

Quelques mètres plus loin, je regarde mes pieds qui franchisent la ligne d’arrivée. Ca y est, c’est fait.

Je pense à quoi ? A tout et à rien. A tout ce qui m’a traversé la tête quand je courrais : tout et pas grand-chose, des détails, des instants.

Mes jambes me font mal mais finalement bien mois que ce à quoi je m’attendais. Les volontaires sont là, adorables, à distribuer les médailles, les T-Shirts et de quoi boire et manger.

J’appelle.

Je tente de battre un record du monde du nombre d’oranges avalées en 1 minute. Je le bas.

Je bois.

Je souris comme une débile.

Je cherche.

 

Les oreilles de lapin !!! OUAIIIIIIII !!!

 

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On l’a fait ! Du super travail d’équipe, un team spirit à tout épreuve, 42 km réussis grâce à vous !

 


Je sais que cet article ne comptera pas parmi les meilleurs moments de la littérature française. C’est finalement une longue suite d’instants, une énumération de fragments. Finalement je n’ai pas vraiment choisi : le choix s’est imposé à moi. Je ne voyais pas comment raconter ça autrement. J’espère que j’apprécierai de lire cet article dans quelques années, quand je repenserai à ce tout premier marathon dans ma vie : le marathon de Paris.

 

Un moment, très bon moment de ma vie.

 

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MERCI !!

 

 

 

Par Votre Meringue au pays des Baisers - Publié dans : Sport
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Dimanche 29 avril 7 29 /04 /Avr 16:31

Il y a une heure environ, on me signalait au téléphone que j'avais laissé mon blog à l'abandon pendant plus d'un an et qu'il était peut-être temps que je m'y remette. Y ayant moi-même pensé récemment, je me suis dit qu'il était effectivement temps.

Etant quelque peu rouillée et pas tout à fait sûre de pouvoir recommencer à écrire sans me prendre les pieds dans le tapis, j'ai décidé de commencer avec un petit article qui ne casse pas trois pattes à un canard.

 

L'autre jour, je mangeais un yaourt. Rien d'étonnant jusque là.

C'était un grand yaourt: un grand pot de 500g. Comme l'Homme avait eu la flemme de me donner un bol et que moi j'avais la flemme d'aller en chercher un, je mangeais à même le pot.

Fascinée par les couleurs et le design du feu de dieu du pot de yaourt, j'ai commencé à l'observer sous toutes ses coutures. Je tourne, je tourne, et là: c'est LE DRAME!!!

 

Je m'aperçois de CA:

 

P1000411.JPG

 

Pour ceux qui ont des problèmes de vue et/ ou qui ne peuvent pas lire l'allemand, ça dit:


"Der Umwelt zur Liebe. Nach Genuss hier aufziehen und getrennt entsorgen"


Ma tradution un peu funky:


"Soyez sympa pour la planète. Après avoir frôlé l'orgasme culinaire en boufant votre yaourt, veuillez tirer sur la languette, séparer le papier du plastique et recycler les deux parties en fonction".

 

Je - ne - déconne - pas.

 

C'est bien la première fois que je vois les allemands aller aussi loing dans leur folie du recyclage!!

 

Vous vous en doutez: j'ai halluciné, j'ai signalé la chose à l'Homme qui s'est tu, j'ai mangé mon yaourt et je me suis dit qu'il fallait que j'en parle au monde entier.

 

Me voilà donc avec mon article terminé. Puisque de morale, il n'y en a point.

 

Comment mon histoire se termine me direz-vous?

 

Ma foi j'ai terminé le yaourt et j'hésite entre 2 stratégies:

- le côté obscur de la Force: ignorer l'indication et tout jeter dans la poubelle qui ne correspond pas pour ressentir ce kik irrésistible que seul la transgression peut vous procurer

- tirer sur l'étiquette et voir si c'est vrai qu'il est plus difficile d'atteindre le côté pas obscur de la Force mais qu'il procure un plaisir encore plus grand...

What should I do?!

 

Signé: Dark Vador!

Par Votre Meringue au pays des Baisers - Publié dans : Ca c'est typisch! - Communauté : Allemagne
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Samedi 26 mars 6 26 /03 /Mars 22:05

Un lendemain de film, c'est comme un lendemain de cuite.

 

La tête est lourde, les idées floues. Les mots se bousculent dans un cerveau incapable de les ordonner. Ils errent dans des sens différents, à des vitesses différentes. Il faut toute la patience d'un réveil et la volonté d'un café serré pour qu'ils daignent enfin prendre une place digne de ce nom. Peu à peu, ils se mettent en rang. Au bout d'un moment, on pourrait même les qualifier d'idée. Pour un peu qu'une conversation les force à se confronter à un avis différent et argumenté, ils seraient quasimment une prise de recul et une réflexion portant sur le film.

 

Les lendemains de film sont parfois pour moi des lendemains de cuite. Qu'il faut parfois faire passer avec une aspirine à défaut de dialogue argumenté.

 

Des Hommes et des Dieux. Un efferalgan, deux tentatives, une troisième en attente.

 

 

 

 

Je ne suis pas croyante: ça n'est pas une nouveauté. Je ne vais donc pas voir ce genre de film pour une raison religieuse. Ca serait plutôt mon côté chien de Pavlov. Ou comment avoir été conditionnée à aller faire diminuer la moyenne d'âge dans des salles de cinéma. Avec pour secret espoir de comprendre quelque chose et d'avoir l'impression d'accéder à une vérité supplémentaire. Un peu comme si des films primés au festival de Cannes pouvaient m'en apprendre plus sur la vie que Sex and the City.

 

Je m'égare.

Je voulais juste dire que je suis allée le voir.

 

J'ai été assez surprise. Pas tant par le fait que "jamais les hommes ne font le mal si complètement et joyeusement que lorsqu'il le font pour la religion" (Pascal, à peu de chose prêt la citation du film, flemme de googler). Ca, tout le monde le sait. Même s'il était intéressant de le voir formulé en actes et de le retrouver caché derrière des images, ce fait n'est pas nouveau. Pas plus que l'idée que des hommes aient pu s'entretuer pour des idées comme la consubstantiation ou la transubstantiation, ce à quoi m'a fait penser la scène de la messe célébrée par les moines. Léger sourire, idée suivante.

 

Ce qui m'a le plus surpris, ça n'était pas non plus la démarche oecuménique des moines que l'on observe. Ni tous les messages que cette dernière pouvait également dissimuler.

 

Ce qui m'a le plus étonnée, c'est le doute. Sel de l'esprit, certes, mais je ne pensais pas le retrouver là. Je me trompe sûrement, mais pour moi une personne croyante est une personne qui ne doute plus. Elle a trouvé. Là où j'hésite, je pèse et je soupèse, elle avance dans une direction et n'en change pas. Elle a des valeurs qui sont définies et qui ont valeur de loi. Elles sont suffisamment nombreuses pour lui offrir une réponse à chaque question qui pourrait se poser au cours de sa vie. Elle les suit et ne dérive pas. La dérive est propre aux personnes qui doutent.

Or voilà un moine qui doute. Qui pour un instant, devient ce que je suis.Son absence de certitude le rapproche à tel point de moi qu'il ne sait plus où et il ne sait plus pourquoi.

Ce fut pour moi le moment le plus troublant.

 

Pour le reste, on attendra la tentative numéro 3.

 

 

 

No et Moi. Aucun espoir. Direction l'armoire à pharmacie sans passer par la case départ. En même temps les plaisirs en solitaire se terminent comme ils ont commencé.

 

 

 

 

 

J'interprète souvent ce que je ne comprends pas comme étant une aggression. La violence du personnage de No et mon besoin de trouver des solutions et des belles fins ont été à l'origine d'une réaction d'incompatibilité assez frustrante.

 

Là où mes moines hésitaient de façon ponctuelle, mes personnages sont paumé de façon permanente. Ils restent sans direction à suivre avec une constance et un acharnement étonnant. Parfois on se raccroche à une branche. Parfois à être qui passe.

Mais les gens vont et viennent et on est souvent déçu.

Retour à la case départ.

 

A côté de ça: fait de société, échec de sociétés. Au choix.

 

Quand je vous disais que les lendemains de film étaient comme les lendemain de cuite...

Par Votre Meringue au pays des Baisers - Publié dans : Kino et Cinéma
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Samedi 12 mars 6 12 /03 /Mars 00:02

Quand j’étais petite, je me répétais souvent que j’avais drôlement de la chance de ne pas être née au Moyen-Age.

 

Pourquoi ?

Parce que quand j’étais petite, j’étais plus proche de la rousse à la peau pâle et aux tâches de rousseur que de la brune (aux mêmes options). Or à l’école, on m’a appris que les rousses étaient brûlées sur le bûcher, la couleur de leurs cheveux révélant au reste du monde leur vraie nature : elles étaient sorcières.

Que dire des yeux qui changent de couleur selon la lumière du jour et des grains de beauté. Bref j’étais condamnée.

 

http://www.dauphinlibre.be/sorcieres.jpg

 

Si la société m’avais épargnée (ma foi : j’aurais pu élever des chèvres avec mes parents au milieu de la toundra), mon appendicite m’aurait emportée à 10 ans. Ou je serai tombée dans un précipice, un peu comme l’inventeur du Segway, à ceci prêt que je serais tombée parce que je n’y vois pas à 10 mètres, pas parce que j’aurais conçu une machine merdique.


 

Tout ça pour dire que j’ai toujours été contente d’être née au 20e siècle.

Au jour d’aujourd’hui, je me vois dans la nécessité de préciser cette affirmation.

Je suis très contente d’être née dans les années 80 et pas plus tard.

 

Pourquoi donc me direz-vous ?

 

Figurez-vous que l’autre jour, je regardais un reportage. Ca m’arrive souvent vous me direz. Mais là, le reportage était sur ZDF, une chaîne de télé allemande. En allemand, donc.

 

Titre du reportage : « Est-ce que mon enfant est normal ? »


Vous aurez compris ce qui m’aura retenu devant mon écran et qui m’aura fait écouter une émission en allemand à 22h30 un soir de semaine. Ceux qui me connaissent comprendront…

 

Est-ce que mon enfant est normal, donc…

 

Figurez-vous que si j’étais née entre l’an 2000 et aujourd’hui, j’aurais sûrement déjà suivi 100 thérapie chez 100 médecins différents, on m’aurait probablement fait prendre des antidépresseurs ou de la ritaline, voire les deux.

 

« Votre enfant n’est pas toujours concentré. Dans certaines matières, il suit parfaitement. Mais dans d’autres, on constate que son attention diminue. Il devrait prendre de la ritaline. »

« Votre enfant aime le bouddhisme. Il parle rarement à ses petits camarades, il est peu sociable, il préfère lire plutôt que de s’amuser. Il devrait voir un psychologue. »

« Votre fils se retire souvent dans son propre monde. Il souffre d’ACD…machinchose. Je vous conseille d’aller consulter. »

 

Heureusement, j’ai vécu à une époque où il m’était autorisé de m’emmerder royalement en cours d’éducation civique sans qu’on me prescrive de la ritaline. Merci dieu : j’ai pu trouver ma prof d’anglais de 6e horriblement chiante et peu pédagogue sans être condamnée à une thérapie.


Oui, j’ai toujours adoré lire des livres, imaginer des histoires et en écrire, mettre de la musique et déconnecter mon cerveau de la réalité pour l’emmener vers des régions où tout est possible. Non, je ne pense pas que ça ait fait de moi un enfant à soigner, pas plus que ça ne fait de moi quelqu’un d’anormal. A vrai dire : comment s’occuper en voiture quand on ne conduit pas. En dormant ou en rêvant, évidemment.


Oui, en bonne première de la classe j’étais moquée à l’école, mise à l’écart, ignorée. Que dire de cette douce époque où au mieux on m’ignorait, au pire où on me crachait dessus en cours. Il est bien évident que si j’avais peur d’aller voir mes petits camarades et que je n’étais jamais aussi heureuse qu’avec moi-même, c’était parce que j’étais psychologiquement dérangée.

 

 

Ce ne sont ici qu’une partie des exemples que j’ai vu dans ce reportage. Un reportage germano-germanique, évoquant un fait qui semble se développer dans le pays.

 

Les enfants sont uniques et on a peur de les rater à la production (milliards de livres sur le sujet, conseils de tout le monde, ligne à suivre). On craint également de rater leur éducation, de manquer une étape essentielle ; on regarde les enfants comme une bombe prête à exploser. Si on ne parvient pas à mettre un nom sur chacun de ses mouvements, un diagnostic sur chacun de ses comportements, sa vie sera sans conteste finie, son futur ruiné.

 

C’est du moins l’impression que m’a laissée ce reportage. Il se peut que je me trompe et que la situation ne soit pas aussi dramatique dans toute l’Allemagne. Il me semble en tous cas qu’on ne soit pas encore arrivé aussi loin en France…

 

Je m’en vais prendre ma ritaline et je reviens… A la prochaine !


Par Votre Meringue au pays des Baisers - Publié dans : Culture et débats
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